La solidarité familiale, une pratique bien ancrée
Publié le 21 Juillet 2026

CHIFFRES CLÉS*
La solidarité, définie comme un sentiment humanitaire ou un devoir moral à aider autrui, prend, dans le cadre familial, un caractère obligatoire, inscrit dans le Code civil. Les ascendants et les descendants ont une obligation alimentaire réciproque couvrant les besoins fondamentaux (logement, nourriture, soins et dépenses courantes). La troisième édition de l’Observatoire des solidarités intergénérationnelles de l’Ifop pour l’ASAC-FAPES* illustre des pratiques solidaires concrètes dans la famille, qui restent encore très informelles et peu structurées.
Près de 4 Français sur 10 (38 %) déclarent avoir déjà reçu un soutien financier de la part d’un ascendant, parent ou grand-parent, dont 18 % à plusieurs reprises.
L’outil privilégié pour transmettre
- La donation — 61 %
- L’assurance vie — 38 %
- Le testament — 35 %
L’entraide familiale, une pratique bien réelle…
À l’étude pour la première fois dans l’Observatoire, la solidarité financière intergénérationnelle s’avère une réalité concrète.
Quatre répondants sur dix ont eu recours à l’entraide financière au sein de la famille au cours des cinq dernières années, en ayant reçu une aide d’un parent ou d’un grand-parent (38 %) ou en tant qu’aidants envers leur(s) enfant(s) ou petit(s)-enfant(s) (37 %).
Deux raisons principales sont mises en avant : l’accompagnement d’un projet de vie (études, achat immobilier, activité professionnelle...) et l’aide face à des difficultés financières, ce dernier motif concernant plus particulièrement les enfants et petits-enfants.
Ainsi, plus d’un tiers des Français déclarent avoir déjà aidé l’un de leurs descendants se trouvant en difficulté financière au cours des cinq dernières années, dont 20 % à plusieurs reprises.
Des outils financiers méconnus
Si la solidarité financière est bien une réalité, les outils existants pour structurer ces aides restent peu connus.
La finance solidaire (ou épargne solidaire), consistant à réaliser un placement financier tout en participant à des enjeux de société qui donnent du sens à son argent, est identifiée par seulement 12 % du panel.
Parmi les autres répondants, cette notion est perçue de manière positive, associée au financement de causes solidaires (22 %), l’aide à autrui (15 %) ou le partage (13 %), mais près de quatre sur dix ne savent pas définir ces termes ou ne connaissent pas ce type d’épargne.
La transmission de son vivant, une voie qui s’affirme…
Le principe de donner de son vivant, dans une logique de transmission de patrimoine, s’est ancré dans les esprits : 2 % des répondants l’ont déjà pratiqué et 60 % disent l’envisager, dont 18 % de manière certaine.
Là encore, les motifs traduisent la volonté d’aider financièrement les proches au sein du cercle familial en organisant sa transmission : la priorité est de réduire leurs droits de succession à payer (47 %), puis d’assurer leur avenir (45 %), un motif en hausse de 3 points depuis l’an dernier, dans un contexte d’incertitudes économiques marquées.
… avec des nuances selon l’âge
Les mécanismes privilégiés de transmission varient avec la tranche d’âge.
Le testament, cité par 35 % des répondants, a repris 6 points depuis 2025, témoignant d’un souhait plus affirmé d’organiser sa transmission. Cette disposition concerne davantage les actifs, notamment les personnes en couple et/ou ayant des enfants à charge.
Les seniors et les retraités se tournent prioritairement vers l’assurance vie (38 %), tandis que les moins de 35 ans sont en retrait. Elle reste, par ailleurs, en tête des produits d’épargne pour transmettre par héritage (59 %).
La donation, plébiscitée à 61 %, est citée en premier par 4 répondants sur 10. Les moins de 50 ans, notamment avec des enfants, et les actifs sont les plus enclins à envisager cette solution de transmission, qui offre de multiples possibilités pour gratifier ses proches, en particulier les enfants et petits-enfants (lire le dossier).
Bon à savoir :
Depuis le 1er janvier 2026, les dons manuels de biens et de sommes d’argent doivent être déclarés en ligne sur le site impots.gouv.fr par celui qui reçoit le don (donataire) ou son représentant légal pour les mineurs et les majeurs protégés.
Ils sont imposables quel que soit leur montant (hors présents d’usage), mais ils bénéficient d’un abattement selon le lien de parenté avec le donateur (lire Asactualités n° 3).
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